En ce printemps 2022, je scrute régulièrement la météo du Cap Nord en Norvège, plus précisément celle de la localité de Mehamn: elle se trouve tout en haut d'une presqu'ile sœur de celle du vrai Cap Nord (à peine plus "haut" de 12 km). L'avantage pour nous cyclistes c'est que de là, à Mehamn, il n'y a pas de tunnels "toxiques" pour rejoindre, 100 km au Sud, la route E6 qui traverse d'Est en Ouest le Nord de la Norvège, alors que ceux du Cap Nord ont mauvaise réputation.
Depuis des semaines il ne fait pas beau à Mehamn; je n'ai encore pas vu une seule journée indiquant ne serait-ce qu'un rayon de soleil (notamment sur le site norvégien de météo yr.no). En revanche, brouillard, neige et vent se disputent la vedette.
Pour cette rando-vélo, nous avons choisi, mon ami Domnin et moi, de "descendre " la Norvège depuis ce point haut à partir de la fin Mai, en prenant le risque que l'hiver tout là haut ne soit pas encore terminé ou le printemps pas encore amorcé. L'idée était donc d'aller à la rencontre du printemps et aussi de rencontrer, en sens inverse, les cyclistes montant au Cap Nord plutôt que de circuler en peloton (j'exagère un peu!): en effet la Norvège semble devenir un grand classique de la rando-vélo!
On verra que, météorologiquement parlant, la chance va nous sourire pour le début de ce voyage alors qu'elle va lentement mais surement retourner sa veste pour nous réserver, des semaines durant, un climat des plus capricieux. Sans qu'on sache vraiment si c'est habituel ou inhabituel.
L'objet de ce blog est de décrire le trajet vélo que j'ai effectué, bien en deçà de l'objectif de départ qui était de rejoindre Trondheim alors que j'ai dû m'arrêter peu après Bodo. Depuis 12 ans que je randonne à vélo autour du monde, c'est la première fois que je ne peux pas terminer un voyage pour raison de santé (Covid entre autres); 1900 km étaient prévus, la partie que j'ai pédalée en représente 1150 km, auxquels on peut rajouter environ 200 km de ferry.
| Sortie du port de Kirkenes: au fond le pôle Nord! |
L'escale à la petite ville de Vardö est assez marquante. La rudesse de la géographie locale saute aux yeux. Outre par bateau elle s'atteint par la route via un tunnel sous la mer de plusieurs km mais alors Kirkenes est à plus de 220 km de là: autant prendre le bateau. Du coup beaucoup de passagers descendent à cette arrêt.
| Vardö |
A bord, l'ambiance est haut de gamme mais pas désagréable; on s'y sent à l'aise, uniques touristes à vélo que nous sommes ce jour là. Les repas sont chers mais guère plus qu'à terre.
Durant plusieurs heures nous continuons de remonter au Nord puis la route navigable s'incurve progressivement vers l'Ouest. Le paysage des caps et des presqu'îles au large desquels nous passons m'inquiète un tantinet: sauf dans les ports où nous faisons escale, tout est blanc. Dans quel état allons nous trouver la route au Sud de Mehamn, elle qui "monte" 2 fois à plus de 300 m d'altitude le premier jour, ce qui ici représente ici un gros dénivelé?
Un dernier point géographique: il faut réaliser que le Cap Nord sur un planisphère se situe (en termes de latitude) à bonne hauteur du Groenland (même si ce dernier n'est plus ce qu'il était) ou encore est au même niveau que l'Alaska (sans les ours). Seule la présence du Gulf Stream (en cours de restructuration lui aussi paraît-il) permet une certaine habitabilité de ces lieux. On se rappelle aussi que le Cap Horn, si l'on transpose sa latitude Sud en latitude Nord, serait seulement au niveau de Birmingham en Angleterre! Pour faire bref on est très au Nord. Il ne reste plus que les îles du Svalbard (ou Spitzberg) qui abritent un peu de vie (tourisme aujourd'hui, hier anciennes mines de charbon, en partie exploitées par l'URSS!) avant le pôle Nord.
I DE MEHAMN A TROMSö
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| L'adventure Camp de Mehamn |
Vers 10h, le gardien du camp nous apporte le petit déjeuner, réservé depuis Paris, en nous signalant notre erreur: on aurait du prendre la chambre 4, exiguë, au lieu de la hutte no. 4, nettement plus grande et confortable; mais bon. Il nous indique vaguement une possibilité de logement pour le soir.
Et c'est parti sous un ciel bien dégagé. Un aéroport dessert Mehamn et tout d'un coup me revient un souvenir de 2004 lorsque un calcul rénal inopportun (en rando de ski de fond cette fois) m'avait fait rapatrier depuis un centre de soins, sans doute ici, jusqu'à Kirkenes via un avion sanitaire. Vu ce qui m'attend cette année je finis par croire que la Norvège ne me réussit pas. Marabouté peut-être?
| Mehamn |
Dès la sortie de Mehamn, ça monte comme prévu, mais il fait beau et nous voilà rapidement entourés du désert blanc. La route est sèche: j'apprécie à sa juste valeur le bonheur de pédaler ici. Après avoir tracé ma route dans le désert de sable au Sud Maroc il n'y a pas si longtemps, la boucle semble bien bouclée.
...et une cabane bien placée nous protège du vent qui souffle assez fort ce qui permet un pique-nique presque confortable (les maillots de bain restent quand même au fond des sacoches).
Après un second retour à la mer, km 65, il y a une cabane en bord de route. Elle semble avoir une double utilité: lieu de repos pour la DDE locale, fort occupée tout l'hiver à dégager et entretenir la route, et aussi WC public. Chauffée, avec une table, un lavabo et un matelas: le rêve pour une première étape.
| La cabane de la DDE du premier soir |
Il ne reste qu'environ 35 km pour rejoindre à Ifjord la route transversale qui relie Kirkenes à l'Est près de la frontière russe à Narvik à l'Ouest. Ce matin il continue de faire beau et la vue sur la presqu'île de Svaerholthajvoya (qui nous cache celle du Cap Nord) est splendide.
Il est surprenant de voir déjà (à ces latitudes si élevées) des fermes et des villages qui semblent se réveiller d'un si long hivernage en ce matin ensoleillé.
J'avais parfois mal évalué avant de partir que des villages à peine repérés sur les cartes pouvaient contenir tout ce qu'il faut pour y survivre: par exemple café, épicerie et église à Lebesby.
| Eglise de Lebesby |
Le temps de prendre le café, le vent fort qui souffle depuis ce matin a amené des nuages menaçants. Il va falloir s'habituer à ces changements de temps très rapides dans le pays.
On arrive à Ifjord avec les premières gouttes de pluie: ici pas d'épicerie mais une station essence et un resto qui gère un camping avec des cabines à louer pour la nuit; rapidement la décision est prise d'y rester pour la nuit. La jeune serveuse qui anime le resto est ravie d'avoir trouvé un emploi ici au calme plutôt qu'à Oslo dont l'agitation urbaine semble cependant modérée par rapport à d'autres capitales (il en faut pour tous les goûts).
On ne réalise pas trop, à ce moment précis, de la chance qu'on a de trouver ce camping ouvert: nous sommes le 21 Mai et (c'est pourtant indiqué dans les guides), la plupart des camping n'ouvrent que le 1er Juin, ce qui va nous causer pas mal de soucis dans les jours à venir.
| Cabanon à Ifjord |
Le troisième jour se présente bien: maussade le matin, il est néanmoins prévu que le ciel se dégage dans l'après midi.
Dès qu'un site peut se prêter à une pause photographique, il y a aussi une table de pique-nique. Ceci ne se démentira pas tout au long de notre randonnée.
Au milieu de nulle part mais proche de la production et de la route, une usine de transformation du poisson ronronne gentiment.
Il nous reste 50 km pour le village de Borselv: le même ravissement que l'avant veille lorsque la route nous ramène sur le plateau sous un grand soleil avec de la neige partout et des rivières étincelantes.
Même rabougris les premiers arbres (bouleau ici) humanisent le désert blanc.
Après des gorges - Silfar canyon - nous avons le plaisir de constater que le camping avec cabines de Borselv est ouvert achevant positivement cette belle étape de 85 km. Même que la gardienne du camping nous trouve de la bière dans le frigo de son fils!
Plein Sud nous atteignons le lendemain Lakselv, première grosse ville. Malgré un peu plus d'arbres, le paysage reste bien austère par certains aspects mais aussi campagnard en diable par d'autres. Rennes et oiseaux marins constituent la faune du jour. Il y en aura en fait très peu au long de ce voyage. Nous avons débusqué un élan hier mais je n'ai pas eu le temps de le photographier.
Paysage sauvage:
Plus champêtre ailleurs:
Des rennes, toujours très farouches
Là aussi je suis surpris par l'importance de cette cité de Lakselv qui nous parait bien agitée avec tout ses supermarchés du bout du monde. Il faut dire aussi que c'est ici que débouche du Sud cette route E6 qui permet d'atteindre le Cap Nord via la Finlande (Inari) ou la Suède puis continue vers Narvik et Oslo; le trafic routier va s'en ressentir fortement (camions et camping cars, les motos viendront plus tard, le lendemain).
Encore de la chance ce soir: le camping est fermé mais sur le point d'ouvrir: on négocie de pouvoir planter la tente près d'une douche et de WC ouverts. Ce camping de Staburrsdalen est plus qu'un camping: les Sami, autochtones lapons, y viennent célébrer des messes et des mariages, pas trop du goût de la personne qui prépare l'ouverture. La peur de l'autre sévit aussi en Norvège.
Journée maudite ce 24 Mai. Des plus satisfaisantes toute la matinée lorsque nous progressons, vent dans le dos, en direction du croisement de notre route avec celle qui amène au cap Nord. Il fait grand beau et la luminosité est telle que depuis la côte où nous circulons nous voyons s'élancer la presqu'ile du Cap Nord sur les 100 km qui nous en sépare. En face l' autre presqu'ile de Svaerholthajvoya, zone protégée interdite aux touristes.
| Presqu'ile de Svaerholthajvoya |
| Presqu'ile du Cap Nord |
A Russenes, km 45, au fameux croisement, on "sent" une vague odeur de sur-fréquentation touristique; l'inévitable magasin de souvenirs, le camping est bien plein, les motards pressés font leur apparition, mais cela reste raisonnable. A la station service/supermarché/restauration/café on se restaure de saucisses et café qui nous suffisent amplement.
A la sortie de Russenes une belle côte nous attend pour digérer, en même temps que le beau temps vire au pas beau: vent contraire et froid. De nouveau sur un plateau la couche de neige sur le côté nous rappelle combien l'hiver est rude dans ces contrées.
Il s'agit de descendre rapidement au village de Skaidi. Ce soleil voilé ne dit rien de bon.
A Skaidi, il y 2 possibilités de logement en dur (chambre au dessus de l'épicerie et hôtel), que nous négligeons pour se rendre directement au camping, repéré sur les cartes 5 km plus loin. Erreur. Malheureusement, ce camping, encaissé en fond de vallée et exposé aux vents est encore fermé et peu accueillant (plaques de neige). On décide de poursuivre la route, prêts au camping sauvage. Erreur. Quelques km plus loin, attiré pas un coin éventuellement campable, je chute quasiment à l'arrêt: grosse douleur au poignet, on verra plus tard. Ce n'est pas que la nuit arrive (!) mais la fatigue est là. Je décide de retourner à Skaidi prendre une chambre: bingo il n'y en a pas de disponible! Un bus peut cependant, par miracle (vite vite vite, c'est le dernier de la journée), nous transporter à Hammerfest en cette fin d'après-midi.
Pour compliquer la situation, on descend au milieu du trajet (Kvalsund), charmant petit village, on va bien trouver un coin pour camper. Erreur. Pas de coin sympa, non exposé au vent, la douleur au poignet s'amplifie. Enfin, après moultes palabres, le pasteur du coin nous propose son presbytère, chauffé et avec cuisine, la baraka revient un peu.
La mauvaise passe n'est terminée pour autant. Le lendemain, le poignet est très douloureux, j'ai bien du mal à tenir le guidon et surtout à passer les vitesses. Un vent, par rafales d'une violence inouïe, nous pousse fort opportunément vers Hammerfest. Cette partie très au Nord semble encore plus sauvage que celle des caps Nord, avec des montagnes assez hautes et très enneigées.
Cette région doit son développement au port de Hammerfest, terminal pétrolier/gazier de première importance. La ville est blottie au fond d'un golfe mais bon sang que les rafales de vent sont fortes et dangereuses. Avant de rejoindre le camping, une halte à l'office du tourisme pour les bateaux du lendemain.
Le camping possède bien des cabanes mais il fait assez beau, malgré le vent, et comme le gardien du camping n'est pas là, on s'y installe. Erreur: ma tente mal arrimée (poignet toujours) subit de plein fouet une terrible rafale de vent, s'envole par dessus l'aire de camping et plonge au milieu d'un lac: je ne pourrai pas la récupérer. Cette séquence, depuis 24h va m' anéantir pour le reste du voyage, incontestablement.
A Hammerfest, il y a 2 points d'intérêts historiques: il reste des vestiges d'une citadelle napoléonienne qui fut l'objet d'intenses combats lors des conquêtes insensées du petit monsieur. Par ailleurs, c'est d'Hammerfest qu'est partie une expédition comme il s'en faisait à l'époque, destinée à mesurer mètre après mètre jusqu'en Roumanie la longueur d'un méridien, démontrant ainsi (de façon assez juste pour l'époque) que la terre était légèrement aplatie aux pôles!
| Le fort Napoléonien |
| La chaine d'arpenteur qui a obligé trois royaumes qui se détestaient à travailler ensemble |
| Oxsfjord |
| Route de contournement non déneigée |
Après 30 km nous retrouvons la E6 pour 130 km de camions, motos et campings cars, mais aussi les premiers rando-cyclistes partis d'un peu partout en Europe pour rejoindre le Cap Nord entre Juin et Août: leurs apparitions vont se multiplier pour atteindre un maximum dans les Lofoten.
Restauration à Bufjord avec 2 cyclistes femmes dans notre sens, à peine entraperçues.
Cabines au camping de Sorstraumen, km 40 depuis le retour sur la E6: accueil très chaleureux; il y a eu une belle côte dans le mauvais temps pour l'atteindre qui met à rude épreuve mon poignet.
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| Belles couleurs du soir |
Et une belle côte (400m) dans le (très) mauvais temps le lendemain en partant.
| L'hôtel avant le tunnel |
A Olderdalen, c'est le premier ferry depuis le départ de Mehamn qui, en direction de Tromsö nous permet de quitter la E6, km 130 après l'avoir rejointe.
La météo ne s'était pas trompée: on va vers une belle période de beau temps. Sur l'autre rive on retrouve le plaisir de pédaler au calme, de discuter avec 3 jeunes français, de planter la tente dans le camping de Svensby, entouré de belles parois enneigées, au pied du ferry du lendemain. Soleil de minuit garanti.
| Camping à Svenby |
| Le ferry du lendemain |
Après la traversée du fjord, la balade pour rejoindre Tromsö sous un ciel totalement bleu est des plus agréables. Et lorsque l'on rejoint la grosse nationale (E8), il y des pistes cyclables ou bien sur la fin des routes secondaires qui permettent de s' en écarter. Le site de Tromsö, grande ville universitaire au pied de montagnes enneigées, est remarquable, surtout sous le beau temps.
| Arrivée à Tromsö |
| Camping de Tromsö |
A peine le temps de me balader du côté de la cathédrale et pas loin du pont emblématique de la ville, alors qu'il y a pleins de musées, notamment ceux relatifs aux expéditions polaires. Ce soir, 2 français rejoignent notre aire de camping mouillée, eux qui vont rejoindre l'AF3V qui relie un peu plus tard en saison Trondheim à Hambourg .
Nous repartons de Tromso en passant par l'aérodrome: je suis un temps tenté d'en rester là car même s'il n'y a rien de détecté à la radio le poignet reste (très) douloureux.
Deux jours de suite nous allons camper au bord de la mer dans des endroits magnifiques et semi- aménagés: WC et tables de pique-nique. Le très beau temps nous y incite.
D'abord peu avant le ferry de Brensholmen, puis à Steinfjord. Ces 2 étapes permettent de traverser 2 iles, celle de Kvaloya d'abord, puis celle de Senja, réputée pour cette dernière (à juste titre) comme aussi belle que les iles Lofoten qui viendront après. A Steinfjord, depuis notre emplacement de camping on voit le soleil disparaitre 2 fois derrière des montagnes puis réapparaitre pour finalement ne pas se coucher dans la mer avant de remonter!
Sur la route de Bresholmen:
| Ici , 2 jeunes partent, il est 15h, pour faire l'ascension d'un sommet à ski: c'est un peu tard mais peu de chance de se faire surprendre par la nuit |
Au camping juste avant le ferry de Bresholmen:
| Un dispositif permet d'alerter qu'il y a un cycliste dans le tunnel. Trop bien pensé |
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| Steinfjord, village d'où l'on peut faire des sorties pour pêcher |
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| Il y a un peu de marée |
| Le soleil va se coucher 2 fois derrière les montagnes à gauche, réapparaitre et finalement rester dans l'axe du fjord avant de remonter |
Le soir au restaurant se reproduit une expérience éprouvée quelques jours plus tôt et qui se répétera plusieurs fois: le gérant du resto est turc mais la nourriture (certes pas donnée mais de qualité et copieuse) est européenne. Un large sourire éclaire les visages lorsque je remercie d'un "teshekur ederit" souvenir de mon pédalage dans leur pays d'origine.
On le sait, ce jour de repos dans la grisaille n'est que le prémices d'une très mauvaise journée pour le Dimanche, peut-être la pire de tous mes voyages vélos; les 25 km qui nous conduisent à Nordmela resterons gravés comme une expérience indépassable de froid, de pluie et surtout de rafales de vents (latéral) propres à nous faire pédaler en nous penchant fortement vers la droite. Situation éventuellement très dangereuse si la route est passagère, ce qui heureusement n'est pas le cas. Le café, épicerie, pizza (et quelle pizza!) de Nordmela nous réconforte pour la suite; un hollandais arrive quand nous partons, dans un état dedelabrement similaire au notre une heure plus tôt mais avec le sourire malgré tout. Il avait le vent dans le dos le bougre .
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| Camping plein vent d'Andenes |
Etape tranquille le lendemain sans rien d'exceptionnel jusque Sortland si ce n'est le pont routier à la sortie de Risoyhamn, suffisamment haut pour laisser passer l'Hurtigruten et donc soumis aux rafales de vent.
La navigation depuis Sortland (ile de Langoya) jusqu'à Svolvaer (première des iles Lofoten) dans ce bateau (Hurtigruten) qui nous est maintenant familier est surement une des plus belles balades à faire en naviguant: ce gros navire se faufile avec maestria dans des fjords à peine plus large que lui au grand ravissement des touristes, qui rivalisent de subjonctifs. La pluie et le brouillard se mêlent pour rendre parfois ce moment de croisière pourtant très sécurisée surréaliste.
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| L'Hurtigruten arrive à Sortland |
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| On s'enfonce dans ce fjord étroit et sans issue |
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| Demi tour au fond du fjord |
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| Le touriste est content |
| On frôle les parois |
| Arrivée à Svolvaer |
A la sortie de Svolvaer, 25 km sur la nationale E10 qui traverse les Lofoten ne nous laissent pas un souvenir impérissable. Un pont, encore une fois surélevé et élégant nous permet de pénétrer sur l'ile de Vestvagoy tout en quittant l'E10: bonheur retrouvé de la petite route mais on se demande quand il va pleuvoir tant les nuages sont menaçants. Un petit village (Valberg) mérite un détour avant de rejoindre le camping de Bustranda (kongsfjordpollen), bien placé pour l'étape (km 55), et qui dispose de petites cabines.
| Un miroir à selfie |
| Cabanes au camping de Kongfsfjord |
Aujourd'hui l'étape était courte et il reste un peu de temps pour une balade à pied sur les collines avoisinantes. Il n'y a pas que le vélo dans la vie! Au détour d'un chemin où je me sens seul au monde, surgissent deux randonneurs espagnols, harnachés comme pas possible et pourtant couverts de boue et trempés après s'être égarés dans ce monde moussu et traitre.
Pour sûr qu'il craint ce Nappstraum tunnelen: il passe sous la mer pour relier l'île de Vestvagoy à l'île de Flakstadoya et la pente est raide pour descendre et fort raide pour remonter, jusqu'à s'apercevoir qu'il possède sur l'un des bas côtés une bande de roulement un peu protégée des véhicules. Néanmoins dans ce boyau le bruit est réellement assourdissant et donc peut amener à faire des erreurs de trajectoire ou d'anticipation.
Depuis Leknes, nous avons rejoint l'E10, assez passagère mais seule voie pour atteindre l'extrémité Sud des iles Lofoten. D'après les guides on va se rincer l'œil mais il faut s'attendre à beaucoup de touristes. Ce sera vrai dans les 2 cas.
Sortis indemnes du tunnel, nous pouvons alors alors apprécier à leur juste valeur les plages de Vareid d'abord, puis celle de Flakstad - son église, son camping (plein vent) bien rempli - puis le village de Ramberg, sa plage et son camping plutôt pas accueillant. Même si je n'ai pas de preuve, je pense que c'est là que j'ai pu choper le Covid...
| Vareid |
| L'église de Flakstad |
| A la sortie de Ramberg séchoirs à morue |
Pour les logements en dur, dans le coin, ce n'est pas évident: ce sont des villages entiers de pêcheurs qui ont quasi arrêté de pêcher et dont les maisons ont été reconverties pour accueillir les touristes, plutôt friqués dans ce cas: ce sont les fameux "robruer".
Finalement, c'est le lendemain matin que nous allons apprécier à sa juste valeur un coin isolé des Lofoten; en s'écartant au Sud de la route d'une dizaine de km, on atteint un cap (Vestre Nestland), avec seulement quelques maisons et des moutons et la vue sur le continent à 60 km, qui plus est plein soleil.
Du coup, même si la route est passagère, le moral est bon pour rejoindre les villages typiques, ceux que l'on voit dans toutes les brochures et dont presque toutes les maisons ont été reconverties en Robruer.
Successivement Hamnoya, Reine, Moskness (arrivée des ferry en provenance de Bodö) et A (prononcer oeuf). Après bien des recherches, la veille au soir, nous avons trouvé un logement à A , de grande qualité et que je recommande, au-dessus du musée de la pêche, même propriétaire.
On n'a pas trouvé à se loger à Bodö autrement que dans un hôtel building qui ne me correspond pas trop. Les auberges de jeunesse semblent prises d'assaut. J'attends demain matin avec impatience pour foncer chez le pharmacien.
Ce soir, c'est le premier tour des législatives; Macron est en difficulté, tant mieux.
Lundi gris de chez gris, ou gris souris. Le vent nous pousse sur la piste cyclable qui longe la grande route E80. Assez déçu de constater que le trafic reste important lorsque nous empruntons la E17 qui sera notre axe principal jusque Trondheim 600 km plus bas. Le pique nique du midi se déroule au bord de l'entrée d'un fjord, de réputation mondiale pour ce qui concerne les courants de marée montante ou descendante lorsque c'est la bonne heure; ce n'est pas le cas ce midi mais c'est déjà spectaculaire et le couple cycliste norvégieniano-allemande avec qui nous discutons rend cette halte à Saltstraumen des plus sympas.
Quelques commentaires pour conclure.
Si je devais revenir pédaler dans ce pays, je ne me fierai pas seulement au tracé officiel de l'Euro-Vélo route no.1, ceci dans le but d'éviter les grandes routes et la surcharge touristique. En effet cette vélo-route suit la côte au plus près des fjords, c'est très bien ainsi, mais ne permet pas de voir l'intérieur du pays, ce qui manque.
Même si les norvégiens n'ont pas la spontanéité souriante des pays d'Amérique latine, les personnes rencontrées ont souvent été accueillantes et ont généralement fait le maximum pour nous aider.
La Norvège, encore plus que la France, est soumise au "totalitarisme" du tout numérique. On arrive à s'en sortir mais c'est très déshumanisant. La fin de la monnaie papier semble proche.
De façon surprenante la nourriture à l'achat dans les supermarchés n'est pas si chère qu'on le dit et souvent (fruit et légumes) de qualité. Les restos sont quant à eux hors de prix.
En cette année post-Covid, il est possible qu'il y ait eu un rush sur ce pays, rendant, dès début Juin, certains sites surbookés. Il faut aussi admettre que la situation internationale (Russie, Ukraine et tant d'autres pays) restreint un tantinet les aires de jeu des cyclo-touristes et des touristes en général qui se retrouvent tous là où c'est possible.
Blessé au poignet il m'a beaucoup manqué de rajouter à l'intérêt de pédaler dans ces superbes paysages l'intérêt de visiter musées et autres curiosités ce que je en manque pas de faire d'habitude.
Je vais changer de pédales pour ne plus subir les conséquences d'une chute pratiquement à l'arrêt sans avoir le temps de débloquer les chaussures des cales automatiques.










































